Super’Angelo

18 septembre 2017 § 1 commentaire

Super Angelo

Je suis très fier de porter ce tshirt conçu pour moi par Teha Galliano, l’une des stagiaires de la Formation Initiale du Praticien Narratif que nous avons terminée en juillet dernier avec Catherine Mengelle. C’est une chose de former aux Pratiques Narratives et notamment à la documentation, puissant support de toute conversation identitaire, c’en est une autre de recevoir par La Poste un tshirt narratif qui proclame l’une de mes histoires préférées: « Super’Angelo, le pouvoir du mot ». Je suis en permanence surpris par la générosité et la créativité des Praticiens Narratifs que nous formons à La Fabrique Narrative.

Parloir fantôme

5 septembre 2017 § 1 commentaire

C’est l’expression que j’ai entendue ce matin à la prison où je me rends en tant que visiteur de prison. J’attendais mon détenu depuis 1/2 heure, tranquillement assis sur un banc, pas loin d’un groupe de jeunes et moins jeunes, et tout d’un coup j’entends ces bribes de paroles : « Les parloirs fantômes… il y a qui pour toi ? y a personne, personne ». Petite recherche sur Internet et je tombe sur « Parloir Fantôme », une chanson de Rim’K, quelques extraits :

Mais c’est chelou ça fait trois mois qu’j’ai pas d’courrier
J’bouffe que d’la purée, cantinée par un gars vrai

Au parloir même les fantômes se sont barrés

Y a qui pour toi ? Y a personne et toi ? Y a personne
Hasoul, victimes d un parloir fantôme

On t’oublie vite, dès la mise en examen
Dehors t’as pleins d’potes, un peu d’salopes
Mais t’as des potes en fait c’est des salopes
Au bout du compte, t’as plus de salopes que d’potes
Réveillé par les cris d’un parloir sauvage
Le vide d’un parloir fantôme, la fuite de l’entourage
c’est toi et ta merde…

A tout le monde, la dignité.

La momie de Jeremy Bentham

24 juin 2017 § Poster un commentaire

De retour d’un voyage à Londres qui m’a permis d’emmener ma petite famille à l’University College de Londres (UCL)  pour « rencontrer » Jeremy Bentham, en fait, sa momie.

Philosophe du XVIIIè siècle, Bentham (1748 – 1832) est un philosophe, père de l’utilitarisme qui promeut le bonheur de la communauté, le bonheur de la population dans son entier : une action n’est utile que si elle procure du plaisir, du bonheur, du bien-être à son auteur. L’utilitarisme est une philosophie qui fait de l’utilité le seul critère de moralité, c’est « le principe du plus grand bonheur du plus grand nombre, chacun comptant de manière égale ». Bentham met même au point une méthode scientifique de calcul du bonheur et des peines : le calcul félicifique (felicific calculus).

En France, nous connaissons surtout Bentham pour son Panoptique, concept architectural de « prison modèle », que Michel Foucault a repris dans ses recherches sur les sociétés de surveillance (cf. son livre Surveiller et punir). Pourtant, Bentham n’est ni architecte, ni geôlier. Il cherche à orienter les individus vers un comportement qui, coordonné quasi-quotidiennement avec celui des autres, conduit à une combinaison d’actions produisant le plus grand bonheur, tout en étant associé à un principe d’économie et un principe de sécurité. C’est là que le concept panoptique s’impose. Bentham est ainsi en mesure d’avancer un dispositif fonctionnel à la fois pour des prisons, des asiles de fous, des hôpitaux, des maisons de travail pour les pauvres, des écoles, et finalement pour surveiller l’appareil gouvernant. Tout cela au nom de la recherche du bonheur collectif. Ca calme.

Mais ce que je trouve de plus remarquable, ce sont les dernières volontés de Bentham. J’ai traduit un extrait de son testament ci-après :

Je lègue mon corps à mon cher ami, le docteur Southwood Smith, pour que mon corps soit disposé de la manière mentionnée ci-après, et je demande… qu’il prenne en charge mon corps et prenne les mesures nécessaires et appropriées pour l’élimination et la préservation de plusieurs des parties de ma structure corporelle de la manière exprimée dans le document annexé à ce testament et en haut duquel j’ai écrit Auto Icône. Il fera mettre en place le squelette de telle manière que le personnage puisse être assis sur une des chaises où j’ai été habituellement assis de mon vivant, dans l’attitude dans laquelle je suis assis lorsque je réfléchis et que je suis plongé dans l’écriture. Je demande que le corps ainsi préparé soit transféré à mon exécuteur testamentaire. Il fera en sorte que le squelette soit vêtu d’un des costumes noirs que j’ai eu l’occasion de porter. Il prendra en charge le corps ainsi vêtu, avec la chaise et la canne que j’utilisais dans mes dernières années, et pour contenir l’ensemble, il fera préparer une armoire appropriée et fera graver en caractères bien visibles, sur une plaque à apposer dessus, ainsi que sur les étiquettes des récipients en verre dans lesquels les préparations des parties molles de mon corps doivent être contenues… mon nom avec au bout les lettres ob: suivi du jour de mon décès. S’il devait arriver que mes amis personnels et d’autres disciples soient disposés à se rencontrer un certain jour de l’année dans le but de commémorer le fondateur du plus grand système pour le bonheur au service des principes moraux et législatifs, mon exécuteur testamentaire amènerait alors dans un coin de la pièce où le groupe se rencontre ladite armoire avec son contenu.
Queens Square Place, Westminster, Mercredi 30 May 1832.

Jeremy Bentham décède 7 jours plus tard, le 6 juin 1832. Il est disséqué dans le cadre d’une conférence publique, embaumé et exposé par son ami médecin conformément à ses dernières volontés. Vous trouverez maintenant son auto-icône, conservée depuis 1850, dans une vitrine de l’University College de Londres (South Cloisters Wilkins Building Gower Street WC1E 6BT). Le visage exposé est maintenant en cire, je vous passe les détails sur ce qui est arrivé à la tête momifiée, c’est encore une autre histoire. Si vous vous perdez, demandez aux professeurs et étudiants que vous croiserez, ils connaissent l’emplacement de la momie.

La momie est à droite 🙂

48 84

2 juin 2017 § Poster un commentaire

1984

  • 1984 : c’est le titre du roman, le dernier en fait, de George Orwell. Il y décrit un système totalitaire (Big Brother), où la surveillance est poussée à son extrême. Le choix de 19-84 est un simple anagramme de l’année d’écriture du livre, donc 19-48.
  • 1948 : c’est l’année de naissance de Michael White, co-fondateur des thérapies narratives, notamment influencé par les écrits de Michel Foucault, et qui déclarera « qu’il ne sera pas complice du pouvoir moderne ».
  • 1984 : c’est l’année de la mort de Michel Foucault, qui redécouvre  la construction architecturale du Panoptique de Jeremy Bentham, et théorise le panoptisme comme un principe de pouvoir, pour réformer les « déviants ».

Le Corps Narratif

15 mai 2017 § Poster un commentaire

« Le Corps Narratif », c’est le titre de la prochaine Master Class de La Fabrique Narrative les 26 et 27 septembre à Paris au Forum 104. L’invité, Tom Carlson, enseigne à l’Université de Fargo, ce qui m’a inspiré pour faire une affiche qui honore le film des frères Coen. Je vous invite à profiter du tarif préférentiel jusqu’au 31 mai. Pour consulter le programme de la formation et s’inscrire en ligne : http://www.lafabriquenarrative.org/blog/event/master-class-paris-2017

Affiche du film « Fargo » :

Formation anti-Stress le 18 mai 2017 à Bordeaux

12 mars 2017 § Poster un commentaire

Isabelle Gabas a fait une super conférence à l’IAE de Bordeaux le 9 mars. Stéphane Seiracq a d’ailleurs écrit un article sur le sujet : Mieux connaître le syndrome d’épuisement professionnel.

Pour info, Isabelle donne une formation « Gestion du stress pour les managers et les acteurs RH » le 18 mai à Bordeaux. Elle aborde le sujet avec une approche originale et innovante inspirée des pratiques narratives auxquelles elle s’est formée. Le programme est disponible sur son site aideburnout.fr

L’absence implicite

3 mars 2017 § 2 Commentaires

Papa, tu es parti le 17 septembre 2015, il y a 1 an 5 mois et 14 jours,
J’ai reçu ce matin même une « notification » de ton juge des tutelles,
Il m’a transmis un extrait des « minutes » du tribunal d’instance,
Tu as cessé de « paraître » au lieu de ton domicile sans donner de nouvelles,
En raison de « l’urgence », il a statué en constatant ta « présomption d’absence »,
Tu es donc « présumé vivant » car  considéré comme « présent juridiquement »,
Une « publicité » va être faite par mention en marge de ton acte de naissance,
Dans 10 ans, je demanderai à ce qu’on rende un jugement de « déclaration d’absence »,
Tu seras probablement « présumé mort » par « indisponibilité de ton corps »,
Cette fois, ce ne sera pas à cause d’Alzheimer, ce sera à cause des probabilités,
Ce sera l’équivalent d’un acte de décès, tu mourras donc une 2ème fois à l’âge de 85 ans.